BARRACUDAS, 2016

8 objets
16 silhouettes photographiques, 25 x 26 cm,
impression jet d’encre ultrachrome sur Enhanced matte paper Epson
16 plaques de verre, 30 x 110 cm
8 blocs de béton, dimensions variables
néoprène et paillettes

«Execution du barracuda : de la position allongée sur le dos, élever les jambes à la verticale tandis que le
corps est immergé pour prendre une position carpée arrière, le niveau de l’eau n’étant pas plus bas que les
chevilles. Exécuter une poussée jusqu’à la position verticale. Exécuter une
descente verticale au même rythme que la poussée. »
L’artiste a réalisée une série de portraits photographiques de huit nageuses de natation synchronisée. Elles
posent devant l’appareil photo : leur regard tourné vers l’objectif n’exprime aucune émotion. Elles
viennent de sortir de la piscine, juste après leur entrainement. Elles portent encore leur maillot de bain,
bonnet et lunettes. On voit la trace des pince-nez. L’artiste prend aussi la photo de leur dos pour compléter
les silhouettes qui sont ensuite découpée et enfermée entre deux dalles du verre. Le bloc de béton,
partiellement couvert de carreaux de céramique, renforce la structure de chaque élément de l’installation.
Leur disposition dans l’espace fait référence à une figure éponyme de natation. Cette épreuve demande de
la précision, de la technique, un effort physique et bien évidemment la synchronisation de tous les
membres de l’équipe. Mais on ne voit pas cette splendeur et la performance du spectacle aquatique – les
filles dans les images ne sourient pas, elles ne sont pas gracieuses. Leurs corps sont décontractés et
fatigués. À la place de la féerie des couleurs, des paillettes et des sourires de circonstances et malgré leurs
efforts physiques, ici, nous ne voyons que des filles ordinaires au corps encore plus lourds car les photos
sont enfermées dans ces structures de verre et de béton.
L’installation Barracudas est fondée sur un geste de démasquassions. Les portraits photographiques de
nageuses dépassent un accrochage classique et changent leur statut. Ceux ne sont plus de simple images
mais des sculptures. L’artiste, une ancienne nageuse synchronisée, joue avec les codes de ce sport. Cette
décision formelle sert à montrer le côté humain du combat physique et du travail difficile du corps et de
l’esprit.

Anna Tomczak